Crépuscule

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lundi 25 octobre 2010

«Making of» partie 4 : La fabrication des marionnettes et des décors

Quatrième «making of» de Crépuscule.

Cette vidéo couvre la fabrication des armatures, les mises à niveau des marionnettes des Créatures (créées par Lisa Smith) et la construction du décor.

Crépuscule raconte l’histoire d’un groupe de créatures d’aspect angélique vivant en symbiose avec leur environnement. Lorsqu’un couple d’êtres humains s’immisce dans leur monde et brise leur existence monotone, les créatures prennent peu à peu conscience de la différence qui existe entre leurs corps et celui de l’homme.

Sortie : hiver/printemps 2011
Format de tournage : HD
Copie finale : 35mm

Écrit et réalisé par Éric Falardeau
Montage du «making of» : Benoît Lemire

Crépuscule «making of» partie 4 from ThanatoFilms on Vimeo.

vendredi 17 septembre 2010

lundi 23 août 2010

Le décor : le décor final (partie 3)

Le décor est finalement terminé! Il est prêt à être révélé et exploré sous tous ses angles par la caméra! Mais quels sont les thèmes, concepts et idées derrière l'esthétique et la construction du décor?

Tout le film est construit sur des oppositions : la vie et la mort, les corps sexués et asexués, les créatures et les humains, la forêt et la clairière, le sec et l’humide, le calme et la violence, la pluie et le sang, etc. Par conséquent, la direction artistique est très importante dans le projet puisque la forêt est directement liée aux créatures et est un personnage en soi. Le paysage est automnal et les éléments du décor se devaient de refléter cet état. Les arbres sont rabougris, décharnés. Il y n’y a pas de feuilles sauf sur le sol de la forêt. Le sol de la clairière est boueux, brunâtre, organique. L'idée est d'avoir un sol texturé et réaliste.

Les arbres servent également de correspondance visuelle au corps des personnages. Les arbres de la forêt sont minces, décharnés, blancs et nombreux comme les êtres qui y vivent, qui s’y fondent et s’y retranchent tandis que l’arbre au centre de la clairière appartient au monde des humains, du plaisir, de la chair. Cet arbre est en fait l’amalgame de deux arbres qui se tordent l’un sur l’autre en référence au corps des humains entremêlés lors de l’acte sexuel.

À l’exception de l’arbre principal modelé en plasticine et en plâtre, nous avons utilisé de vraies branches d’arbres pour construire la forêt afin de mettre en valeur la texture réelle des arbres afin de souligner la matérialité des objets et d'évoquer l'idée de la corporalité. En somme, il s'agissait d’éveiller la sensibilité tactile du spectateur. Les branches sont recouvertes d’une peinture blanche proche de la couleur des créatures. Le sol est recouvert de mousse, de terre, de feuilles (du persil haché en fait!) et de lichen. Le sol de la clairière est un mélange de terre (de la tourbe) et de Klean Klay (une glaise de couleur brune qui ressemble à de la pâte à modeler et qui est utilisée en animation).

Comme l’animateur tchèque Jan Svankmajer, l’une des traces de la matérialité s’exprimera via la présence de l’animateur (pensons ici à son film Possibilités du dialogue). Puisque les créatures s’apparentent fortement à des anges (au sens chrétien du terme de par le récit et leur apparence identique), leur créateur (l’animateur) sera visible par le biais de subtiles marques sur le sol de la clairière (dans la Klean Klay). Cet aspect conférera un deuxième sens au film par le biais de l’opposition créature/créateur; opposition au cœur même du cinéma d’animation, mais aussi de plusieurs récits mythiques. Il est évident que les frères Quay et Jan Svankmajer seront des influences majeures dans cette recherche visuelle des «traces de l’animateur/Dieu.»

Merci à Simon Beaupré, Josée Courtemanche, Véronique Dumas, Cathy Falardeau, Marie-Josée Lamontagne, Marc-Antoine Pruneau Réhel, Maude Rocheleau-Lacouture et François Sauvé pour leur aide lors de l'élaboration et de la construction des décors.







































jeudi 19 août 2010

Le décor (tables d'animation) : partie 2

La base du décor est constituée de 4 tables interchangeables, soit deux de 3 pieds de longueur par 4 pieds de largeur et deux autres de 4 pieds de longueur par 4 pieds de largeur. L’une d’elles sera la clairière, deux autres seront des forêts et la quatrième servira pour les gros plans.

Pourquoi 4 tables? Parce que nous serons en mesure de réorganiser l’espace à notre guise. Il sera possible de joindre chaque table / section de décor à l’aide de pinces. Le décor sera mis en place selon l’angle de la caméra et le plan recherché (plan large ou rapproché par exemple).

Les tables auront deux niveaux. Le premier se trouvera à 60 centimètres du sol et le suivant, sur celui-ci, sera à environ 15 centimètres. Donc, sous les tables, il y aura un espace de quelques centimètres puis une nouvelle table qui servira de base. Cet espace permettra d’élever le décor afin que l’animateur puisse travailler à une hauteur raisonnable et qu’il ne se blesse pas le dos. De plus, cet espace augmentera la vitesse de travail puisque les outils de l’équipe d’animation (x-sheet, rig, pinces, rubans gommés, aimants, etc.) y seront rangés et accessibles rapidement. Ils pourra également y placer les aimants ou les vis à travers les pieds qui tiendront les personnages ou les rigs en place.

Des miroirs disposés à des endroits stratégiques permettront aussi de faire certains plans et de réfléchir la lumière.

Ci-dessous des images de la construction des tables :








Merci à Marie-Josée Lamontagne, Daniel Falardeau, Ginette Chouinard, Cathy Falardeau et François Sauvé pour leur aide lors de la construction de ces tables.

Éric F.

jeudi 12 août 2010

Le décor (forêt et clairière) : partie 1

L'action du film se déroule dans deux lieux : une forêt et une clairière. La forêt est l'espace des êtres; la clairière celui des humains.

La direction artistique est très importante dans le film puisque la forêt est directement liée aux créatures et est un personnage en soi. Le paysage est automnal, les arbres sont rabougris, décharnés. Il y n’y a pas de feuilles sauf sur le sol. Les arbres de la forêt sont minces, décharnés, blancs et nombreux comme les êtres qui y vivent, qui s’y fondent et s’y retranchent tandis que l’arbre au centre de la clairière appartient au monde des humains, du plaisir, de la chair. Cet arbre est en fait un amalgame de deux arbres qui se tordent l’un sur l’autre. De plus, les racines couleur chair s’entrelacent en référence au corps des humains entremêlés lors de l’acte sexuel.

Ci-dessous, une vidéo animée de l'ébauche de l'arbre de la clairière (que nous nommons arbre principal) tel que développé par le concepteur artistique précédent Christopher Lynch :



À l’exception de l’arbre principal modelé en plasticine, nous utilisons de vraies branches d’arbres pour construire la forêt afin de mettre en valeur la texture réelle des arbres (pour évoquer l’idée de la matérialité et de la corporalité) et d’éveiller la sensibilité tactile du spectateur. Celles-ci sont recouvertes d’une peinture blanche proche de la couleur des créatures. Il en va de même pour le sol qui sera en partie en Klean Klay, en partie en feuille d'arbre et en terre. L'idée est d'avoir un sol texturé, organique et réaliste.

Les arbres japonais avec leurs énormes racines hors terre et leurs traits sinueux servent ici d’importantes références :







Ci-dessous, quelques concepts et images prises afin de tester les proportions, les matériaux et l’éclairage du décor:



























L'arbre principal final en cours de sculpture par Véronique Dumas (conceptrice artistique, Atelier de la Moufette Mauve) :







Des images de la construction et du décor final seront mises en ligne dans une prochaine entrée.

À bientôt,
Éric F.