Crépuscule

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mardi 15 novembre 2011

CRÉPUSCULE À NICE! (compte rendu du festival par la directrice de production Marie-Josée Lamontagne)

Bonjour chers lecteurs et lectrices,

Nous sommes de retour de notre voyage à Nice où nous avons eu la chance de présenter Crépuscule dans le cadre du festival de la « Fantastique semaine du cinéma ».


Les projections se sont déroulées au cinéma Mercury, un petit cinéma centenaire très sympathique.


Voici un sommaire de nos activités dans le Vieux pays :


VENDREDI 21 OCTOBRE

Arrivée à Nice. Le festival commence seulement le lundi, mais nous arrivons quelques jours à l’avance, histoire de bien se remettre du décalage horaire et d’avoir le temps de visiter un peu la ville qui est magnifique. La mer, les palmiers, le climat doux… On comprend bien pourquoi des festivals comme celui de Cannes ont choisi la Côte d’Azur comme quartier général. Nous en profitons pour préparer notre horaire de rencontres de la semaine et notre matériel promotionnel (T-shirt, DVD, livret, etc.).


LUNDI 24 OCTOBRE

Soirée d’ouverture du festival. Les préparatifs vont bon train. La tâche est énorme pour les deux uniques organisateurs du festival, Mickaël Araki et Hélène Mayet. Nous nous rencontrons dans une petite salle emménagée spécialement pour les invités et bénévoles du festival. Un buffet préparé par Hélène Mayet (et oui, ils s’occupent même de préparer la bouffe pour les invités!) nous est offert gracieusement. Nous rencontrons les membres du jury, Delphine Montaigne, comédienne, Mathieu Guiglielmi, professeur, et Ségolène Alunni, journaliste et comédienne (chroniques « Boulevard de la critique »). Nous échangeons aussi une poignée de main avec Pascal Gaymard, chargé de Mission cinéma.

Mathieu Guiglielmi, les deux organisateurs du festival Hélène Mayet et Mickaël Araki portant fièrement le T-shirt de Crépuscule, Éric Falardeau et Marie-Josée Lamontagne.


MARDI 25 OCTOBRE

Nous choisissons l’ouverture du film Human Centipede (dont le public cible se rapproche le plus du nôtre) pour distribuer des pamphlets de notre prochain long métrage à venir, Thanatomorphose. Les pamphlets partent comme des petits pains chauds.

Nous rencontrons le réalisateur québécois Pat Tremblay, venu présenter son long métrage Hellacious Acres : The Case of Jonh Glass.


MERCREDI 26 OCTOBRE

Nous remarquons une augmentation dans la fréquentation du site de Thanatomorphose. La distribution des pamphlets la veille a porté fruit. Comme quoi chaque petit geste compte dans la mise en marché d’un film!

Nous rencontrons l’acteur John Charles Meyer et sa copine, Jennifer Etienne Eckert (aussi actrice), venus promouvoir le film Millenium Bug. Le film nous propose des effets spéciaux old style, c’est-à-dire faits entièrement live sur le plateau (aucun CGI) avec plus ou moins le même budget que Thanatomorphose. Bien que nos deux films soient très différents, les conditions de productions sont sensiblement les mêmes : peu d’argent, beaucoup de gens dévoués qui ne comptent pas leurs heures et qui occupent plusieurs postes à la fois. La passion des gens compense pour le manque d’argent…C’est la beauté du cinéma indépendant!

Olivier Strecker, Éric Falardeau et Alain Schlockoff

Nous avons aussi la chance de rencontrer Alain Schlockoff, rédacteur en chef de la revue «L’Écran Fantastique», invité dans le cadre du festival.


VENDREDI 28 OCTOBRE

Pendant nos temps libres, nous en profitons chacun pour explorer les dédales du Vieux Nice, les différents musées (tous gratuits!), les villes et villages avoisinants, le monastère franciscain, le musée de Matisse et les ruines romaines de Cimiez, la parfumerie et l’usine Fragonard de Grasse…

John Charles Meyer, Alain Schlockoff, Éric Falardeau, Hélène Mayet, Jennifer Etienne Eckert et Marie-Josée Lamontagne.

Nous avons parfois le plaisir d’être accompagné des autres invités du festival, comme lors de notre magnifique promenade en ce vendredi après-midi sur le bord de la mer à Roquebrune et Menton, près de la frontière italienne. Alors que nous longeons le bord de la mer, nos sujets de conversation tournent inextricablement autour du cinéma. Décidément, toutes les occasions sont bonnes pour parler du septième art! Comme le disait Jean-Luc Godard : « Je ne veux parler que de cinéma, pourquoi parler d’autre chose? Avec le cinéma on parle de tout, on arrive à tout. »

Le soir, nous distribuons les pamphlets de Crépuscule pour annoncer sa projection le lendemain. Nous rencontrons Benoît Arnulf, le directeur des « Rencontres In&Out » (festival du film Gai et Lesbien de Nice) ainsi que Philippe Frey du festival « Super 8 ».


SAMEDI 29 OCTOBRE

14h : une rencontre est organisée au Café Thy Jeff avec les autres invités du festival, histoire d’échanger avec des gens du milieu, créer un réseautage et des partenariats futurs. Après une heure d’attente, nous croyons être les seuls présents à l’appel quand un homme, attablé près de nous et interpellé par notre accent québécois, nous demande si nous ne connaîtrions pas par hasard un certain Éric Falardeau, réalisateur québécois censé être de passage pour présenter son dernier film au festival… Quelle coïncidence! Il s’agit d’Olivier Strecker, réalisateur et concepteur en effet spéciaux cannois. Nous profitons de l’occasion pour échanger sur nos projets respectifs.

Philippe Deloze, Olivier Strecker, Éric Falardeau et Marie-Josée Lamontagne

17h : Départ de la Zombie Walk au « Monument aux Morts » près du port. Les participants sont nombreux et motivés à effrayer les passants qui osent prendre des photos de notre marche macabre. Nous sillonnons les rues du Vieux Nice dans la joie et la putréfaction complète.

21h30 : La projection des courts métrages débute avec une présentation d’Éric Falardeau. Les spectateurs ne sont pas nombreux, mais c’est la qualité qui l’emporte ici sur la quantité. À l’entracte, nous rencontrons un fan niçois avec qui nous échangeons sur les autres courts métrages d’Éric, les projets à venir et la sortie prochaine de Thanatomorphose. Il nous fait toujours plaisir de rencontrer des gens qui s’intéressent à nos projets. Cette rencontre à elle seule a valu le déplacement. La projection finit très tard et nous n’avons malheureusement pas la chance d’échanger avec les spectateurs ni de célébrer l’événement. Les échos rapides par rapport au film semblent très positifs. Le film, nous dit-on, a su se démarquer du lot des autres courts-métrages par son univers et son originalité. Mission réussie!


Table de promoton Crépuscule
: Éric Falardeau, Alain Schlockoff et Marie-Josée Lamontagne


DIMANCHE 30 OCTOBRE

Soirée de fermeture du festival. La remise des prix se déroule au « Théâtre de la Cité » juste avant la représentation du Rocky Horror Picture Show. Millenium Bug remporte plusieurs prix du public et le prix du jury est remis au long métrage Take Shelter.

Les organisateurs du festival en compagnie des juges : Hélène Mayet, Mathieu Guiglielmi, Mickaël Araki, Ségolène Alunni et Delphine Montaigne


Quelques photos en vrac :

Nous voilà tous prêts au visionnage des films!

Salle comble!

Présentation du jury

La file pour Human Centipede. Certaines personnes sont prêtes à tout pour voir un film…

Lobby du cinéma

Éric Falardeau à la table de promotion de Crépuscule


Ainsi se termine notre aventure à Nice! Merci de nous lire et à bientôt j’espère!

Marie-Josée Lamontagne, Directrice de production

mercredi 17 novembre 2010

Compositing : Guillaume Chassé au travail

Les images ci-dessous ont été prises par notre photographe officielle : Évelyne Deshaies.


Guillaume Chassé, compositeur et effets numériques, et le réalisateur Éric Falardeau planifient le compositing d'un plan.



Réunion au sommet : Marie-Josée Lamontagne, directrice de production, Éric et Guillaume.



Éric donne ses indications et commentaires à Guillaume.



Une image non finalisée sur laquelle Éric et Guillaume ont travaillée et travaillent encore!



mercredi 3 novembre 2010

PORTRAIT : Marie-Josée Lamontagne, scripte



Bonjour à tous nos fidèles lecteurs et lectrices!

Mon nom est Marie-Josée Lamontagne et je vous présente aujourd’hui le deuxième poste que j’occupe sur la production Crépuscule : la scripte. La scripte est l’aide-mémoire du film, elle est responsable de tout noter pour chaque scène et de s’assurer que les raccords soient respectés entre les plans. Dans un monde idéal, les scènes et les plans d’un film sont tournés dans l’ordre chronologique pour éviter les problèmes de raccord. Mais c’est rarement le cas et il faut souvent tourner dans le désordre et raccorder tout ça au montage par la suite, d’où l’importance de toujours garder en tête le film dans son ensemble et d’avoir un bon sens de l’observation. Lorsque nous tournons par exemple un plan où le personnage marche et sort de l’écran, il s’agit alors de se demander : quel est le plan qui vient avant et celui qui vient après? Dans quelle position le personnage se trouve-t-il exactement dans le plan précédent et est-ce que tous les éléments de décor sont placés de la même manière? C’est la magie du montage que de créer un ensemble cohérent à partir de plusieurs morceaux éparpillés. C’est comme faire un casse-tête sans avoir l’image finale comme référence sur l’endos de la boîte.

« Ce qui est beau au cinéma, ce sont les raccords, c’est par les joints que pénètre la poésie »
- Robert Bresson


Tout grand film a son lot de faux raccords. Que ce soit dans Apocalypse Now de Francis Ford Coppola ou encore Edward Scissorhands de Tim Burton, les faux raccords sont partout, moindrement qu’on exerce son oeil à les trouver. Même le grand maître Stanley Kubrick n’est pas à l’abri des ratés de la continuité cinématographique. Mentionnons seulement The Shining où plusieurs détails ont souvent échappé à l’oeil des quelques cinquante personnes présentes sur le plateau. Ce qui est merveilleux dans tout ça c’est que l’erreur est humaine; elle n’est pas assujettie à la grosseur du budget. Certains films à gros budget peuvent nous présenter plusieurs erreurs parfois assez novices alors que certains films indépendants peuvent être presque sans faille à ce niveau. Le plus important c’est que le spectateur soit tellement pris par l’histoire racontée qu’il n’en voit plus les défauts qui forment sa carcasse, que les erreurs lui passent sous le nez sans qu’il s’en aperçoive. C’est ici que la continuité dramatique prend tout son sens. Elle concerne plus l’aspect psychologique des personnages, la progression de leurs sentiments à travers les épreuves, la cohérence de l’histoire racontée. C’est d’abord et avant tout au scénariste de construire son univers et de s’assurer que tout concorde au niveau de la structure de l’histoire et de la psychologie des personnages. Au tournage, la scripte s’assure surtout de la continuité technique, mais elle doit aussi rester en alerte de toute incohérence dramatique qui pourrait surgir. Une histoire et une conception artistique solides, voilà ce qui fait qu’un film laissera sa trace. C’est sans doute pourquoi malgré toutes leurs erreurs techniques, des films tels que The Shining, Apocalypse Now et Edward Scissorhands restent des oeuvres magistrales qui continuent de marquer notre époque.


Le métier de scripte est un travail de moine qui nécessite un certain perfectionnisme et un certain amour du détail. Il faut surtout assister le réalisateur du mieux qu’on peut afin qu’il puisse se concentrer entièrement sur le jeu des acteurs. La décision finale de couper ou de garder telle ou telle prise revient toujours au réalisateur. Il se peut que certaines prises soient gardées au montage même s’il y a des erreurs de continuité simplement parce que le jeu des acteurs est meilleur ou pour toute autre raison. Il faut alors accepter que le film ne sera pas parfait. En fait, on termine rarement un film, on l’abandonne plutôt avec toutes ses imperfections. Le film est une oeuvre vivante, profondément humaine qui prend le pouls de son époque tout en l’influençant à sa manière.

Merci de votre assiduité à nous lire et à bientôt!

Marie-Josée Lamontagne

mercredi 6 octobre 2010

PORTRAIT : Marie-Josée Lamontagne, directrice de production



Bonjour,

mon nom est Marie-Josée Lamontagne et j’occupe le poste de Directrice de production, ainsi que celui de Scripte sur la production Crépuscule. Je m’occupe aussi de faire la majeure partie des courses (nourriture, achats de matériel, etc.) et d’une partie du travail de régie. Dans les productions indépendantes, il est très fréquent que chacun cumule plusieurs postes, ce qui peut donner une tâche de travail colossale à abattre pour chaque personne mais qui, en revanche, a l’effet positif de créer des liens plus serrés dans l’équipe et de sentir que tous participent vraiment au processus de création. Comme chacun met la main à la pâte, on peut apprécier l’importance de chaque poste. D’assistant de production à directeur photo, tous apportent leur pulsion au mécanisme de la production.

En tant que directrice de production, je m’occupe de la logistique de production. En gros, ça couvre les contrats techniciens et acteurs, la location de studio, les calendriers et horaires, les comptes de dépense et rapports de coûts et toutes autres tâches de soutien administratif au Producteur. Bref, beaucoup de paperasse et peu d’implication au niveau de la créativité artistique bien que le réalisateur du film, Éric Falardeau, ait toujours été très ouvert au regard artistique de tous les membres de son équipe – et ce dans tous les films où j’ai été son assistante depuis cinq ans – et que j’ai toujours eu l’occasion d’exposer mon point de vue sur la chose. En général, disons que c’est un boulot très « terre à terre » qui laisse peu de place à l’inventivité si ce n’est dans la façon de créer des horaires qui fonctionnent ou de rédiger les clauses d’un contrat.

Les techniciens au cinéma travaillent dans l’ombre, mais certains ont la chance d’accéder à certains rayons de lumière de par leur travail artistique. Le directeur photo par exemple en est un qui, par ses choix de cadrages et l’atmosphère qu’il réussit à créer par l’éclairage, laisse une trace tangible dans le film. Mentionnons aussi l’animateur qui, de par la manipulation des marionnettes, donne un souffle de vie à des objets inanimés. Le travail sonore n’est pas à négliger non plus. Après tout, le son représente la moitié d’un film, surtout en animation où tout est recréé en post-synchro (voix des acteurs, bruitage, musique). Le travail du directeur de production n’est pas visible ni audible à l’écran; il s’agit réellement d’un travail dans l’ombre mais oh! combien passionnant parce qu’il permet à tous ces gens d’exercer leur talent et d’apporter leur rayon de soleil au film.

En conclusion, tout en gardant sa bonne humeur et sa motivation, le directeur de production doit toujours rester à l’affût de problèmes éventuels. Trop souvent avons-nous appris à nos dépens que, comme le stipule la loi de Murphy, « Anything that can go wrong, will go wrong » (toute chose qui peut mal tourner, tourne mal). Ce n’est pas de voir tout en noir et de tomber dans le pessimisme, mais c’est plutôt d’apprendre à voir le verre plus souvent à moitié vide qu’à moitié plein. L’imprévu et le chaos d’une production est souvent le cauchemar du directeur de production, mais c’est ce qui rend la chose palpitante et qui nous donne le goût de recommencer encore et encore!

« Le chaos est souvent source de vie alors que l’ordre génère des habitudes. »
- Henry Brooks Adams

Merci aux lecteurs(trices) qui lisent ce blogue et qui suivent la production! À bientôt!

Marie-Josée Lamontagne

samedi 14 août 2010

«Making of» partie 2 : tests d'animation

Voici le «Making of» de notre premier test d'animation. Nous avons tourné ce test à l'automne 2009 afin de mettre à l'épreuve l'armature des marionnettes et le «compositing» devant écran vert.

Nous avons ici une armature «balls and sockets» se déplaçant dans une mini-forêt. La forêt respecte les principes évoqués par rapport à la direction artistique (entrée précédente du blogue; branches d’arbres réelles blanchies). Tout est à l’échelle. Un éclairage d’ambiance a été créé. Des armatures en mouvement ont été ajoutées numériquement afin de tester l'écran chromatique vert et le «compositing»(incrustation numérique dans un plan de plusieurs personnages tournés séparément). Contrairement à la vidéo de présentation du projet (première entrée du blogue), l'effet de pluie de sang numérique n'a pas été ajouté ici.

Ce test nous a permis de noter quelques éléments à modifier pour le tournage, soit :
1) utiliser un écran bleu plutôt qu’un écran vert, car le spectre de couleurs des arbres (blanc), des personnages (blanc) et de l’éclairage (jaune/orange) interfère avec celui de l’écran vert;
2) solidifier les pieds de l’armature;
3) réduire la grosseur des pièces de l’armature afin de diminuer le poids du personnage, de rendre l’animation plus fluide et d’améliorer la démarche du personnage (exemple : les hanches du personnage sont trop grosses et elles nuisent au mouvement recherché); et
4) animer quelques gouttes de sang en temps réel pour augmenter le réalisme de la pluie (impact au sol et sur les personnages).

L'armature est animée par Simon Beaupré (1er animateur du film). L'éclairage est d'Éric Falardeau (réalisateur et DOP du film). Marie-Josée Lamontagne, scripte, est également sur place avec Véronique Dumas, conceptrice artistique.

Crépuscule «Making of» partie 2 from ThanatoFilms on Vimeo.



Bon visionnage!
Éric F.